Par Karine Lajoie, fondatrice et artisane de La Joie en Rose
Atelier québécois spécialisé dans les bijoux commémoratifs depuis 2018, plus de 7 000 pièces façonnées
Depuis 2018, dans mon atelier québécois, je crée à la main chaque bijou qui intègre les poils ou les cendres de compagnons disparus. Plus de 7 000 pièces sont nées entre mes mains à ce jour, et toutes m’ont appris une chose : un souvenir d’animal décédé, lorsqu’il est tangible, peut transformer la douleur en présence. Voici huit façons douces et concrètes d’honorer votre fidèle compagnon, à votre rythme.
L’essentiel à retenir
- Le deuil d’un animal de compagnie est un processus pleinement reconnu par les vétérinaires québécois. Selon l’AMVQ, il traverse les mêmes grandes étapes que tout deuil humain : déni, colère, dépression, acceptation.
- Conserver un souvenir d’animal décédé n’est ni excessif ni étrange. Une étude Datapets et Woopets (2024) révèle que 33,81 % des familles endeuillées en font leur priorité absolue.
- Les options sont nombreuses et compatibles entre elles : empreinte de patte, touffe de poils, bijou commémoratif, urne personnalisée, mémorial à la maison, arbre planté.
- Certaines décisions, comme le prélèvement de poils ou l’empreinte, se planifient idéalement avant le départ de l’animal.
- Au Québec, plusieurs ressources existent pour vous accompagner : l’AMVQ, Mon Fidèle, Euthabag, Compagnons Éternels, et les ouvrages de Lynne Pion.
Le deuil animalier, une réalité émotionnelle pleinement reconnue
La perte d’un animal de compagnie est un véritable deuil, comparable à celui d’un membre de la famille. Cette reconnaissance est aujourd’hui partagée par les vétérinaires, les psychologues et les accompagnants spécialisés. Pourtant, dans l’entourage, cette peine est souvent minimisée, ce qui rend la traversée encore plus solitaire.
Pourquoi la perte d'un animal est un deuil à part entière
Le lien qui unit une personne à son chien, son chat ou tout autre compagnon se tisse au quotidien, pendant des années. Selon l’Association des médecins vétérinaires en pratique des petits animaux du Québec (AMVQ), ce deuil traverse en général quatre grandes étapes : le déni, la colère, la dépression, puis l’acceptation. Chacun le vit à son rythme, et il n’existe pas de durée « normale ».
L’autrice québécoise Lynne Pion, dans son ouvrage Apprivoiser le deuil animalier, rappelle combien cette peine est valide et mérite d’être accueillie pleinement. La nier ou la refouler complique le travail intérieur et prolonge la souffrance.
Les bienfaits psychologiques de matérialiser le souvenir
Garder un objet, un fragment, une trace de l’animal disparu est un véritable outil de soin. Le souvenir concret offre un point d’ancrage émotionnel, un endroit où poser la mémoire pour qu’elle ne se dilue pas dans le temps.
Une étude menée en 2024 par Datapets et Woopets pour les pompes funèbres animalières Esthima révèle que 33,81 % des familles endeuillées considèrent la conservation d’un souvenir tangible comme leur priorité numéro un. Photo, poil, cendre, empreinte : peu importe la forme, l’important est que le geste soit à la hauteur de votre lien.
Dans notre atelier, je constate cette réalité chaque semaine : les familles qui commandent un bijou commémoratif décrivent souvent une forme d’apaisement nouveau, comme si une partie du chagrin avait trouvé sa place.
Avant le départ, préparer un souvenir avec douceur
La meilleure façon de ne rien regretter est d’anticiper, lorsque c’est possible. Une fin de vie annoncée (maladie, vieillesse, euthanasie planifiée) ouvre une fenêtre précieuse pour préparer un souvenir d’animal décédé qui soit fidèle à ce que vous vivez. Beaucoup de familles découvrent malheureusement après coup qu’un prélèvement de poils ou une empreinte se planifient idéalement avant le moment de l’au revoir.
Le prélèvement de poils ou l'empreinte de patte du vivant
Si votre animal est encore présent, vous pouvez demander à votre vétérinaire ou à votre service de crémation de prélever une touffe de poils et de réaliser une empreinte de patte. Le geste est simple, indolore, et certains crématoriums proposent même la patte en argile fournie par Veterinary Wisdom, conçue pour ne pas sécher ni se fissurer avec le temps.
D’expérience, je recommande toujours aux familles qui me contactent avant le départ de leur compagnon de prélever un peu plus de poils que nécessaire. Mieux vaut un surplus que devoir refaire un prélèvement impossible plus tard. Une mèche de la taille d’une pièce de monnaie suffit pour un bijou.
Discuter du projet de souvenir avec son vétérinaire
L’équipe vétérinaire est une alliée précieuse dans cette période. La plupart des cliniques au Québec sont sensibilisées au deuil animalier et peuvent vous orienter vers des services partenaires (crémation privée, urnes, bijoux commémoratifs). N’hésitez pas à en parler, même tôt : penser à un souvenir n’est pas un signe que vous abandonnez votre animal, mais que vous l’aimez profondément.
8 façons concrètes de garder un souvenir de votre animal décédé
Voici huit pistes éprouvées pour matérialiser la mémoire de votre compagnon. Elles sont compatibles entre elles, adaptables à tous les budgets, et chacune répond à une sensibilité différente. L’essentiel est de choisir ce qui vous parle, à vous.
1. L'empreinte de patte, gravée dans l'argile ou le métal
L’empreinte est l’un des souvenirs les plus universellement choisis. Réalisée dans une pâte à modeler spéciale, elle peut être cuite et conservée dans un cadre, parfois accompagnée d’une photo. Pour un rendu plus durable, l’empreinte peut être gravée sur un médaillon en argent ou en or, ou intégrée à un bijou commémoratif. Le geste est simple, mais le résultat traverse les années.
2. Une touffe de poils précieusement conservée
Conserver une mèche de poils est un rituel ancien, repris naturellement par de nombreuses familles endeuillées. La touffe peut être glissée dans une fiole en verre, un médaillon, un cadre avec photo, ou tressée avec un ruban. Demandez au vétérinaire ou à l’agent du crématorium de prélever la mèche avant la crémation ou l’inhumation : ils sont habitués à ces demandes et l’accueilleront avec bienveillance.
3. Un bijou commémoratif réalisé à partir de poils ou de cendres
Le bijou souvenir d’animal est probablement l’hommage le plus intime qui existe. Une infime quantité de poils ou de cendres est intégrée à la pierre du bijou, suspendue à votre cou ou portée à votre doigt. Vous gardez ainsi votre fidèle compagnon littéralement au plus près de vous, partout, tout le temps.
Dans mon atelier, je conçois des bagues, des pendentifs et des boucles d’oreilles commémoratifs à partir des poils ou des cendres de votre animal. Chaque pièce est unique : la couleur des poils, leur longueur, la teinte des cendres, tout influence le rendu final. Nous expédions un kit prépayé partout au Québec et au Canada, avec des consignes claires pour le prélèvement et le retour.
4. Une urne funéraire personnalisée
Lorsque vous choisissez la crémation, l’urne devient le réceptacle silencieux du dernier passage de votre compagnon. Les modèles disponibles aujourd’hui dépassent largement les formes classiques : bois sculpté, céramique artisanale, verre soufflé québécois (plusieurs artistes locaux intègrent une partie des cendres dans une boule de verre coloré), métal finement ciselé. Compagnons Éternels, à Laval, propose un accompagnement personnalisé pour le choix de l’urne et la cérémonie.
5. Un cadre photo, un album ou un portrait artistique
Les photos sont souvent ce qu’il nous reste de plus vivant. Créer un album dédié, accrocher un cadre dans le salon, commander un portrait à l’huile ou à l’aquarelle auprès d’un artiste peintre québécois : chaque format préserve une dimension différente de votre animal. Le portrait, en particulier, capte une essence que la photo ne saisit pas toujours.
6. Un mémorial dédié à la maison ou au jardin
Aménager un coin commémoratif dans votre maison transforme un espace banal en lieu de recueillement. Une photo, une bougie, son jouet préféré, son collier, parfois l’urne : ces éléments, disposés avec soin, créent une présence apaisante. Au jardin, une plaque commémorative posée près de son endroit favori prolonge l’hommage à ciel ouvert.
7. Un arbre ou des fleurs plantées en sa mémoire
Planter un arbre est un geste qui grandit avec le temps. L’organisme A Living Tribute, actif au Canada, permet de faire planter un arbre dans une forêt en besoin de reboisement à partir de 9,99 $, accompagné d’une carte commémorative envoyée à votre nom. Chaque printemps, les feuilles ou les fleurs deviennent un « bonjour » silencieux de votre compagnon.
8. Un cimetière virtuel ou un code QR commémoratif
Pour les familles qui préfèrent un hommage numérique partageable, des plateformes comme Animorial offrent un espace dédié où photos, messages et anecdotes s’accumulent. Euthabag, entreprise québécoise pionnière, propose aussi un code QR commémoratif lié à un Jardin du souvenir en ligne. Un don à un refuge, à la SPCA ou à une faculté vétérinaire au nom de votre animal est une autre façon, profondément altruiste, de prolonger sa mémoire.
Le bijou commémoratif, un fragment de vie porté au cœur
Parmi ces huit options, le bijou commémoratif occupe une place singulière : il accompagne le maître partout, discrètement, et devient une présence quotidienne. Contrairement à l’urne qui reste à la maison ou à l’album qu’on ouvre ponctuellement, le bijou voyage avec vous, contre votre peau.
Pourquoi le bijou commémoratif est porté partout, tout le temps
Un bijou se touche, se regarde, s’oublie puis se redécouvre au fil de la journée. Pour les personnes en deuil, ce point d’ancrage tactile et visuel s’avère particulièrement réconfortant lors des moments difficiles : un anniversaire, une fête, un retour à la maison silencieux. Il devient un rituel intime qui ne demande rien à personne.
Comment La Joie en Rose intègre poils ou cendres dans ses bijoux
Notre atelier conçoit chaque pièce sur mesure à partir de quelques poils ou d’une infime quantité de cendres. Le processus est simple : nous vous envoyons un kit prépayé contenant toutes les indications, vous nous retournez vos précieux fragments, et je fais naître votre bijou dans notre atelier québécois.
Bagues, pendentifs et boucles d’oreilles sont disponibles, avec également des modèles spécifiquement pensés pour la clientèle masculine.
Questions fréquentes sur le souvenir d'un animal décédé
Voici les questions qui reviennent le plus souvent dans notre atelier et dans les communautés de deuil animalier au Québec.
Il n’existe pas de durée fixe. Selon l’AMVQ, certaines personnes traversent les quatre étapes en quelques mois, d’autres en plusieurs années. Le rythme dépend de votre personnalité, du lien que vous aviez avec votre animal, des circonstances du départ.
Idéalement du vivant, lorsque la fin de vie est annoncée, ou immédiatement après le décès. Demandez à votre vétérinaire ou à l’agent du crématorium : ils sont habitués et le geste est doux et respectueux.
Oui, c’est une pratique pleinement reconnue. Une infime quantité de cendres est encapsulée dans la pierre du bijou, sans contact direct ni manipulation visible. Dans notre atelier, nous accompagnons cette démarche avec un kit dédié et des consignes claires.
Oui, profondément. Comme le souligne l’AMVQ, ce deuil est réel, légitime et peut être aussi intense que celui d’un proche humain. Si votre entourage minimise votre chagrin, tournez-vous vers des groupes de soutien ou un professionnel formé au deuil animalier.
Honorer la mémoire de votre animal, à votre rythme
Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise façon de garder un souvenir d’animal décédé. Que vous choisissiez une empreinte, un arbre, une urne ou un bijou intime à porter au cœur, le seul critère est que le geste vous ressemble.
Chez La Joie en Rose, notre atelier confectionne des bijoux commémoratifs depuis plus de sept ans, avec plus de 7 000 pièces façonnées à ce jour. Si vous sentez que le bijou est la voie qui vous parle, mon équipe et moi serons heureuses de répondre à vos questions sur les modèles, les matières, le déroulement du kit prépayé et le choix entre poils ou cendres. Écrivez-nous quand vous serez prête : nous prenons le temps, pour chaque pièce, de bien comprendre votre projet et votre lien à votre compagnon.
À propos de l'autrice
Karine Lajoie est la fondatrice de La Joie en Rose, atelier québécois pionnier dans la conception de bijoux commémoratifs et de bijoux de lait maternel au Canada. Depuis 2018, plus de 7 000 pièces sont nées entre ses mains, pour des familles partout au Québec et à l’international.
Le travail de Karine Lajoie et de La Joie en Rose a notamment été présenté dans Urbania, Le Journal de Québec, Madame Le Figaro, Momzelle et Buster Fetcher.